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BIBLIOGRAFÍA
▪ Hexentexte, Berlín 1954
▪ Dunkler Frühling, Hamburgo 1969
▪ Der Mann im Jasmin, Frankfurt/M. [u.a.] 1977
▪ Im Staub dieses Lebens, Berlín 1980
▪ Das Weiße mit dem roten Punkt, Berlín 1981
▪ Das Haus der Krankheiten, Berlín 1986
▪ Gesamtausgabe, Berlín
▪ Bd. 1. Anagramme, 1988
▪ Bd. 2. Prosa 1, 1989
▪ Bd. 3. Prosa 2, 1991
▪ Bd. 4,1. Prosa 3, 1991
▪ Bd. 4,2. Prosa 4, 1998
▪ Bd. 4,3. Anmerkungen, Briefe, Dokumente, 1999
▪ Bd. 5. Aufzeichnungen, 1989
▪ Bd. 6. Briefe, Dokumente, Hörfunk, 2001
▪ Les jeux à deux, Berlín 1989
▪ Orakel und Spektakel, Berlín 1990
▪ Lettres au docteur Ferdière, París 1994 (zusammen mit Hans Bellmer)
Dark Spring by Unica Zürn
Each time, she finds herself tormented by her terrible fear of the rattling skeleton of a huge gorilla, which she believes inhabits the house at night. The sole purpose of his existence is to strangle her to death. In passing, she looks, as she does every night, at the large Rubens painting depicting "The Rape of the Sabine Women." These two naked, rotund women remind her of her mother and fill her with loathing. But she adores the two dark, handsome robbers, who lift the women onto their rearing horses. She implores them to protect her from the gorilla. She idolizes a whole series of fictional heroes who return her gaze from the old, dark paintings that hang throughout the house.
One of them reminds her of Douglas Fairbanks, whom she adored as a pirate and as the "Thief of Baghdad" in the movie theater at school. She is sorry she must be a girl. She wants to be a man, in his prime, with a black beard and flaming black eyes. But she is only a little girl whose body is bathed in sweat from fear of discovering the terrible gorilla in her room, under her bed. She is tortured by fears of the invisible.
Who knows whether or not the skeleton will crawl up the twines of ivy that grow on the wall below her window, and then slip into her room. His mass of hard and pointed bones will simply crush her inside her bed. Her fear turns into a catastrophe when she accidentally bumps into the sabers, which fall off the wall with a clatter in the dark. She runs to her room as fast as she can and slams the door shut behind her. She turns the key and bolts the door. One again, she has come out of this alive. Who knows what will happen tomorrow night?
Unica Zürn a, du mercure, les propriétés, la densité dans (et malgré) l’extrême mobilité. Appelé aussi vif-argent, le mercure présente une apparence impénétrable et lumineuse, métal plus fluide que l’eau.
Dans ses dessins, ses écrits et sa vie, Être souverain qui échappe, Unica Zürn nous échappe, nous a échappé.
Quoique enfermé dans son volume, le mercure aussitôt libéré se fragmente en mille éclats. Unica Zürn, elle, fut « enfermée » pour être, dit-on, protégée de la défaite.
D’abord une merveilleuse enfance, elle le dit elle-même : Mon enfance est le bonheur de ma vie. Un père voyageur apporte et emporte le mystère — objets d’art de l’Asie et du Moyen-Orient sont les témoignages concrets de ses passages.
Nous pouvons croire, suivre du regard le tracé des dessins d’Unica Zürn, combien elle dût se perdre en imagination délicieuse dans les labyrinthes des entrelacs arabes. Subtils détours et tours, mouvements sans fin d’ondes que le regard rêveur suit, dérive, accroche, éteint ou fait renaître.
À Berlin Unica Zürn grandit, fait des études et, selon la programmation dite « naturelle », se marie. Deux enfants naissent. Le terrible poids du pouvoir nazi, la guerre, l’Allemagne en ruines enferment Unica Zürn dans un blokhaus inquiétant. Elle le dit aussi : Ma jeunesse est le malheur de ma vie.
Pour nous rien ne peut être retenu jusqu’en 1953. Elle a, alors, trente-sept ans. La galerie Rudolf Springer de Berlin présente les dessins de Hans Bellmer. Unica Zürn rencontre celui-ci et l’accompagne à Paris où il vit, et où désormais ils vont, (ils devraient) vivre ensemble.
Cette rencontre fut décisive, elle découvre Unica à elle-même et bientôt à nous-mêmes, les autres.
C’est H. Bellmer qui l’encourage au travail du dessin, qui l’initie à l’art de l’anagramme. À Paris, lui et ses amis du Surréalisme, peintres et écrivains, vont permettre à Unica Zürn d’être.
Pour aborder, pour approcher Unica Zürn, ses livres et anagrammes, dessins et peintures, le regard attentif n’est pas seulement nécessaire. Sans doute faudrait-il oser aller plus loin.
À partir du moment où pour nous elle commença d’exister, d’être et de créer, un lent mais implacable processus de destruction peu à peu la ronge. Comme elle le dit dans une anagramme Le malheur ronge ta jambe inéluctablement, pour la conduire jusqu’à ces quelques secondes où, traversant le dernier espace de vie, elle va à la rencontre de la mort — entre la terrasse d’un cinquième étage et le trottoir d’une rue de Paris. Poupée à jamais disloquée.
Jusqu’à présent les études qui ont été faits de son œuvre dûrent traverser le manteau psychanalytique dont on la vêt. S’il est exact que L’Homme Jasmin porte en sous-titre Impressions d’une malade mentale, cependant Unica Zürn n’est pas Aloïse. Chez elle, imagination ou écriture appartiennent au domaine de la poésie. Le délire ici est l’humus de la création. Si Unica Zürn peut témoigner de « cette malade mentale, U. Z. », elle n’est pas « un cas passionnant », exceptionnel, elle pratique simplement le dédoublement, la singularité même de l’écrivain.
Jusqu’à aujourd'hui les commentaires se sont tenus à l’extérieur et de l’œuvre et de la vie d’Unica Zürn. Il faudrait aujourd’hui regarder vers ce lieu, celui du partage quotidien de l’espace physique et mental entre elle-même et Hans Bellmer.
Unica Zürn ne s’est pas faite, ou défaite, en fonction de H. Bellmer, pourtant elle s’est construite et fut détruite dans cette perspective inexorable. Elle ne put éviter la réflexion de l’homme (comme de l’artiste) sur elle-même — ce miroir infranchissable, ce miroir sans tain contre lequel elle s’est brisée.
— Le nouveau commerce
Unica Zürn est née le 6 juillet 1916 à Berlin-Grunewald. Elle passe une enfance qu’elle-même qualifie de “Merveilleuse”, entourée d’objets d’Orient que son père, écrivain et grand voyageur, collectionne.
Ses études achevées, elle travaille à la firme U F.A. comme archiviste, monteuse de films et conseillère artistique.
En 1949, elle commence à écrire pour des journaux allemands et suisses. À Berlin, en 1953, elle rencontre Hans Bellmer qui m’emmène à Paris. Elle y compose ses premières anagrammes et fait du “dessin automatique”. La même année, elle expose à la galerie “Le Soleil dans la tête”. En 1954 sont publiés à Berlin dix dessins et dix anagrammes (Hexentexte), avec une postface de Hans Bellmer. Seconde exposition, 1947, au “Soleil dans la tête”, préfacée par André Piyere de Mandiargues. C’est alors qu’elle fait la rencontre d’André Breton, Victor Brauner, Jean Arp, Marcel Duchamp, Max Ernst, M. Matta, Henri Michaux, Man Ray. Deux ans plus tard, elle participe à l’Exposition surréaliste internationale qui a lieu à la galerie Cordier à Paris. En 1962 et 1964, elle expose à la galerie “Le Point Cardinal”, exposition préfacée par Max Ernst.
Au cours des huit dernières années de sa vie, Unica Zürn est internée à plusieurs reprises dans des cliniques psychiatriques (Berlin, Paris, La Rochelle). Guérie, elle consigne les impressions que lui a données la maladie : ce manuscrit, dont l’édition française est la première, a pour titre Der Mann im Jasmin (L’Homme-Jasmin).
En 1973, ses souvenirs d’enfance, traduits en français sous le titre Sombre printemps sont publiés chez Belfond.
Le 19 octobre de cette même année, Unica Zürn met fin à ses jours.
Publications en français:
• Oracles et spectacles, Georges Visat, 1967, avec une préface de Hans Bellmer.
• Sombre printemps, Pierre Belfond, 1971, traduction de Ruth Henry et Robert Valençay.
• L’Homme Jasmin, Gallimard, 1971, traduction de Ruth Henri.
• Anagrammes, Transitions, 1982, (supplément du n° 11-12 à la revue).
• Approche d’Unica Zürn, Le Nouveau commerce, 1981, (supplément au numéro 49).
• Hans Bellmer, Unica Zürn, lettres au Docteur Ferdière, Séguier, 1994, suivi de Sur l’origine des anagrammes d’Unica Zürn par Alin Chevrier.
• Obliques, numéro spécial Hans Bellmer, 1975.
• Obliques, numéro spécial la femme surréalise, 1977.
• Françoise Biosson : Portrait d’Unica Zürn, Le nouveau commerce, 1977 (supplément au numéro 38).
— centre international de poésie Marseille



















